Quand la médecine prend le relais (6,7,8)

La stimulation ovarienne

La stimulation des ovaires permet le développement d’un ou de plusieurs follicules qui contiennent chacun un ovocyte. La stimulation se fait à l’aide d’hormones et n’est pas forcément associée à un protocole d’AMP (Aide Médicale à la Procréation). Ces hormones sont administrées par voie sous cutanée ou intra musculaire, par la patiente elle-même ou par une infirmière. Les injections sont quotidiennes, pendant environ 10-12 jours, selon la réponse de la femme. Une fois que le développement des follicules est satisfaisant (ils doivent avoir environ 17-18 mm pour être considérés comme matures), une injection d’un produit permettant la maturation finale de l’ovocyte est pratiquée (le déclenchement de l’ovulation). Tout au long de la stimulation des échographies pelviennes sont réalisées afin d’évaluer la réponse aux produits de stimulation, la croissance et le développement des follicules.

Stimulation simple hors AMP (avec rapport sexuel)

Lors d’une stimulation simple avec rapport sexuel, la stimulation de l’ovaire se fait comme décrit dans l’étape précédente. Une fois le déclenchement de l’ovulation effectué, le rapport sexuel avec le partenaire permettra la fécondation de l’ovule.

L’insémination artificielle

L’insémination artificielle peut accélérer l’arrivée de la grossesse en favorisant notamment les conditions de la rencontre entre les spermatozoïdes et l’ovocyte dans vos trompes. Même si la fécondation in vitro peut parfois apparaître comme la solution « miracle » à l’infertilité, elle n’est pas forcément proposée en première intention, surtout si votre médecin juge qu’il est possible d’optimiser de façon assez douce et peu contraignante le fonctionnement des ovaires et la quantité des spermatozoïdes disponibles autour de l’ovocyte grâce à l’insémination artificielle. L’insémination artificielle consiste à insérer des spermatozoïdes dans l’utérus au moment de l’ovulation pour faciliter la rencontre entre le spermatozoïde et l’ovule. L’insémination se fait à l’aide d’un cathéter qui sera inséré dans l’utérus. Notons qu’il est possible de bénéficier d’une stimulation ovarienne pour optimiser l’insémination.

La Fécondation In Vitro (FIV)

La FIV reproduit au laboratoire la fécondation et les premières étapes du développement embryonnaire, avant le transfert des embryons dans l’utérus de la femme. Cette technique permet la mise en contact des spermatozoïdes avec les ovocytes en cas d’infertilité d’origine tubaire (obstruction qui empêche la rencontre naturelle des spermatozoïdes avec l’ovocyte) ou masculine (déficit du nombre ou de la mobilité des spermatozoïdes).

Après la stimulation ovarienne, une ponction ovarienne est réalisée juste avant que l’ovocyte soit libéré, environ 36 heures après l’injection permettant le déclenchement de l’ovulation. La stimulation et la ponction ovarienne permettent le recueil de plusieurs ovocytes, qui seront mis en fécondation dans le laboratoire, par le biologiste. Le recueil du sperme s’effectue le jour de la ponction des ovocytes après 2 à 5 jours d’abstinence sexuelle. 48 heures après la fécondation, des embryons sont obtenus.  Ils sont ensuite replacés dans la cavité utérine (étape appelée transfert), où ils pourront effectuer leur nidation/implantation.

L’ICSI (Intra Cytoplasmic Sperm Injection)

L’ICSI (ou micro injection ovocytaire des spermatozoïdes) est indiquée dans les cas d’hypofertilités masculines sévères. On utilise des spermatozoïdes obtenus de l’éjaculat quand cela est possible. Dans le cas d’azoospermie (absence de spermatozoïdes dans l’éjaculat), on doit les prélever chirurgicalement dans les voies génitales masculines, parfois même dans les testicules (biopsie testiculaire). Les étapes de stimulation et de ponction ovarienne sont similaires à ceux de la FIV.
Une fois dans le laboratoire, après la récupération des ovocytes et des spermatozoïdes, ce dernier sera directement injecté dans l’ovocyte grâce à une micro pipette.

Le don de gamètes

En France, le don de gamètes est, comme toutes les techniques d’AMP, encadré par la loi de la Bioéthique. Il s’adresse à un couple hétérosexuel qui a besoin de gamètes lorsqu’il existe des risques de transmission d’une maladie génétique grave, que les techniques au sein du couple ne peuvent aboutir ou bien que le couple y renonce. L’enfant né par cette technique sera celui de la famille dans laquelle il est né. Ces dons sont gratuits, volontaires et anonymes.

Pour les donneurs et donneuses, après avoir donné son consentement, passé un entretien psychologique et réalisé un bilan de santé comprenant une enquête génétique, le recueil peut commencer.

Contrairement au donneur masculin, la donneuse d’ovocytes devra être traitée par un protocole identique à celui d’une tentative d’AMP classique : stimulation hormonale, surveillance échographique puis ponction ovarienne au bloc opératoire pour récupérer les ovocytes. Ceux-ci seront ensuite mis en fécondation au laboratoire avec les spermatozoïdes du conjoint du couple receveur. Une fois les embryons obtenus, ils sont transférés in utero chez la receveuse qui aura préalablement reçue une légère préparation hormonale (traitement oral). Les éventuels embryons surnuméraires pourront être congelés en vue d’un transfert ultérieur. Il est important d’ajouter que les appariements donneuse/receveuse sont basés sur les caractères ethniques, morphologiques et sur les groupes sanguins.

Tout acte médical, même conduit avec compétence et dans le respect des données acquises de la science, comporte un risque. Les techniques présentées ci-dessus restent des actes médicaux qui peuvent donc comporter des risques. Pour plus d’informations, consultez votre médecin ou votre gynécologue.

L’adoption

L’adoption permet à un enfant n’ayant plus de parents ou dont les parents ne peuvent plus s’en occuper, de lui donner un nouveau foyer pour constituer une famille. Le parcours commence bien avant l’adoption elle-même et se poursuit une fois que l’enfant est entré dans le foyer. Deux types d’adoptions existent en France : l’adoption simple, où l’enfant conserve des liens avec sa famille d’origine, et l’adoption plénière, où la nouvelle famille se substitue totalement à l’ancienne.

En France, l’adoption est ouverte à toute personne âgée de plus de 28 ans (mariée ou non, vivant seule ou en couple) et aux époux (non séparés de corps) mariés depuis plus de deux ans ou âgés tous les deux de plus de 28 ans. Quelle que soit l’adoption choisie, vous devez obtenir un agrément délivré par le service de l’aide sociale à l’enfance (ASE), et qui fait suite à plusieurs entretiens. Ces derniers permettent de vérifier la cohérence de votre projet d’adoption et de connaître votre capacité à vous projeter en tant que parents et famille. Que vous souhaitiez adopter en France ou à l’étranger, vous serez mis en contact avec des agences d’adoption ou directement avec l’ASE en France. Ces établissements font le lien entre vous et les lieux d’accueil pour enfant.
Dans tous les cas, ne perdez pas votre projet d’adoption de vue et gardez l’espoir de voir un jour vos démarches, si longues soient elles parfois, accomplies.

Comment optimiser vos chances ?